À propos de Paradigme Perdu
S'il fallait mettre un nom derrière Paradigme Perdu, ce serait Pierre. Comme le minéral, sauf que quand on s'appelle Pierre on apprend vite à dissocier complètement son nom de l'objet, même si ce sont les mêmes lettres et la même prononciation, ce qui est une toute petite et fascinante étrangeté.
Le but de Paradigme Perdu est de permettre à Pierre d'avoir une petite place sur le Net pour développer ses idées et promouvoir ses histoires. Pierre sait que ses récits entrent parfois difficilement dans les cases de l'édition classique, mais comme on a poussé Pierre à montrer ses récits, autant commencer par là, et permettre à un peu tout le monde de lire et commenter ses bêtises.

Rapport à la littérature
Si les programmes scolaires m'ont dégoutés de la littérature, ils ne m'ont pas enlevé mon envie de lire.
Au départ j'ai fait ma culture littéraire sur les histoires d'Eoin Colfer, Roderick Gordon et Brian Williams, complétant avec les histoires de Goscinny ou de Greg, puis lentement certains classiques me sont apparus digne d'intérêt, de Zola à Baudelaire en passant par des contemporains comme Anouilh ou Grumberg.
Puis j'ai commencé à écrire, une myriade de contes dans quelques coins d'internet et quelques pièces de théâtre en association. Les résultats étaient probants, enfin j'étais satisfait, et ma curiosité de lire était renouvelée. J'ai découvert les littératures du net et les objets littéraires étranges, des palimpsestes shakespearien de sms d'Andrew Hussie aux littératures ergodiques et labyrinthiques de Mark Z. Danielewski.
Du théâtre à internet il n'en faut que peut pour passer aux images, au cinéma et au jeu vidéo, à des expériences qui n'ont de cesse de se renouveler et de croiser les genres là où la littérature a tendance à se reproduire.
Je crois fermement que certaines limites de la littérature n'ont pas été suffisamment repoussées, et je tiens à partager cette fascination en produisant moi-même les récits que j'aimerais voir et revoir.
Rapport à l'écriture
J'écris pour me faire plaisir, mais j'écris aussi et surtout pour faire de la recherche.
Au fil des mes pérégrinations d'écriture, je me suis intéressé aux subtilités du quatrième mur, de la suspension consentie d'incrédulité, de la narration et de la fiction pas seulement comme des codes à respecter mais comme des outils à manipuler. Métanarration, anticipation du lectorat et de ses émotions, brouillage de la frontière entre réalité et fiction, structures anthropologiques de l'imaginaire et littératures ergodiques (qui nécessitent que le lectorat s'investisse plus activement dans l'acte de lire en manipulant l'ouvrage non conventionnellement ou en faisant des choix conscients dans sa lecture) sont mes joies d'écriture et de lecture.
Je suis aussi adepte de la littérature à contrainte, la contrainte comme moteur d'écriture : un style, un genre, un thème, une obligation tirée au sort, que ce soit pour commencer un écrit ou pour débloquer un récit. C'est notamment le cas de mes Iconogloses sur instagram, qui sont rédigées sur la base d'images libre de droits qui m'inspirent.
Je souhaite avant tout expérimenter avec ce que la littérature a à nous offrir, parce que je sais qu'au fil de mes recherches j'ai pu tomber sur des pépites littéraires méconnues, de nouvelles formes qui méritent qu'on s'y attarde, et des récits capables de guérir certaines blessures collectives et individuelles au sein d'une époque qui, comme toutes les autres si ce n'est plus vivement, est marquée par les confusions et les souffrances si diverses et nombreuses qu'elles s'entretiennent trop souvent entre elles.
Je ne veux pas raconter des histoires, je veux provoquer des réalités.

